Les classes de 2nde6 et 2nde7 ainsi que les élèves de l’atelier théâtre ont assisté au spectacle « L’Odeur de la guerre » à l’Espace Rohan. C’est une œuvre originale rédigée et interprétée par Julie Duval qui a été accompagnée pour la mise en scène par Juliette Bayi et Elodie Menant.
Quelques aspects de mise en scène :
La disposition de la salle permet au spectateur d’être positionné en frontal par rapport à la scène. Celle-ci est relativement vide, composée d’objets placés avant le début de la pièce : un banc, une bouteille d’eau, des chaussures à talons, un sac de frappe et des gants de boxe. La comédienne interagit avec les éléments du décor, permettant ainsi au public de mieux visualiser les différents événements de la pièce. Elle mime aussi certains éléments pour les intégrer au récit.
La lumière joue également un rôle important tout au long du spectacle. Les couleurs telles que le jaune, le bleu ou bien le violet nous donnent des indications de lieu, par exemple quand la scène est éclairée en jaune cela représente sa maison. L’éclairage permet également, avec la musique et parfois l’utilisation de fumée, de créer une atmosphère qui fait ressentir des émotions aux spectateurs, mais aussi d’attirer l’attention sur un élément de la scène (le sac de frappe par exemple) ou bien sur la comédienne.
Sa tenue est un ensemble de sport de couleur noire composé d’un short et d’un débardeur. Ses pieds sont nus et ses cheveux attachés. Toutes ces caractéristiques rappellent le milieu sportif et l’exercice physique, un élément central de son récit.
Julie Duval interprète seule l’ensemble des personnages de son récit, sans changer de tenue en fonction de celui qu’elle était en train de jouer. Pour nous permettre de toujours savoir lequel elle interprète, elle utilise de nombreux stratagèmes. D’une part, elle adopte différentes voix, accents et intonations comme pour son père ou son professeur de théâtre. D’autre part, elle attribue à chacun des rôles une mimique spécifique : son amie, Dounia, lève le bras et sa mère se tient l’épaule. La comédienne se déplace beaucoup sur scène pour se rendre à des emplacements spécifiques comme le banc ou le sac de frappe.
Les messages de la pièce
Ce spectacle est une pièce de théâtre autobiographique de Julie Duval, qui raconte les événements marquants de sa vie, de ses huit ans jusqu’à aujourd’hui. Elle commence par montrer les problèmes de communication avec ses parents, dénonçant les « familles muettes » et les standards auxquels ses parents voulaient qu’elle colle. Elle est aussi victime de harcèlement scolaire, et en subit les critiques et les moqueries. Toutes ces ondes négatives lui pèsent. A la suite d’une journée compliquée, on la voit taper le sac de frappe, déversant ainsi ses émotions. Puis elle s’arrête et répète à voix haute toutes les phrases désagréables entendues durant la journée, en tournant autour du sac. On peut alors penser que la comédienne a pris le rôle de toutes les personnes qui l’ont rabaissée, et que le sac de frappe la représente, fragile et sensible. Elle montre ainsi l’impact des mots, même anodins, et les effets des critiques négatives sur les adolescents qui emmagasinent tout, ainsi que les conséquences que cela peut avoir sur eux. Élevée dans la violence par son père, elle devient elle-même agressive, allant jusqu’à se faire exclure de son collège. Au cours de ses conversations avec son amie Dounia, on sent qu’elle ne comprend pas la puberté, incompréhension due encore une fois à un problème de communication, avec sa mère cette fois. Les difficultés et les violences de son enfance arrivent à leur apogée lorsqu’elle se fait violer lors d’une soirée. Cet événement lui permet de dénoncer les violences sexuelles, commises même entre adolescents.
A ses dix-huit ans, elle quitte alors le foyer familial pour s’installer à Paris, où elle essaie alors de trouver de nouvelles bases pour se reconstruire. Elle rentre dans une salle de boxe, découvre un coach exigeant mais aidant, commence le théâtre et sa reconstruction en même temps. Mais les démons de son passé continuent de la hanter. Après un voyage en Thaïlande et une découverte des pratiques spirituelles poussées, elle revient à Paris prête à affronter ses peurs. Plus confiante en elle que jamais, elle nous montre dans la dernière scène, en utilisant le décor d’un combat de boxe, l’importance d’oser regarder ses peurs en face et de s’y confronter pleinement, afin d’enfin s’en libérer et d’avancer.
Une pièce de théâtre argumentative
« L’Odeur de la guerre » de Julie Duval est une pièce de théâtre argumentative pour de nombreuses raisons. La problématique défendue dans ce spectacle est la suivante : « Pourquoi et comment le sport permet de réaliser ses rêves ? ». Pour répondre à cette question, nous allons parcourir son enfance ainsi que son adolescence, puis aborder le passage à l’âge adulte.
Dès son plus jeune âge, le personnage principal de « L’Odeur de la guerre », a un rêve bien défini : elle veut « partir ». Cette volonté d’évasion vient d’un sentiment d’insécurité, d’une atmosphère non propice au développement personnel notamment en raison d’une situation familiale et scolaire compliquée et de mauvaises fréquentations. Pour lutter contre toutes ces relations toxiques, elle trouve la force de survivre grâce à la boxe. En effet, quand elle se sent mal, elle peut toujours déverser sa haine contre le sac qui, lui, ne ressentira rien.
A sa majorité afin de poursuivre son projet d’évasion, elle s’installe à Paris où elle cherche un emploi et s’accorde l’accès au loisir comme la boxe et le théâtre. Ce sport l’emmène alors en Thaïlande où elle découvre la spiritualité et accomplit en même temps son désir de « partir ». Libérée de ses peurs et de son passé, elle rentre en France prête à continuer sur la voie du bonheur.
Grâce au sport et à la boxe en particulier, elle arrive à réaliser son rêve parce que c’est une source de motivation et d’apaisement. Il permet aussi de s’ouvrir au monde en testant de nouvelles expériences et en rencontrant de nouvelles personnes.
Nous avons adoré cette pièce de théâtre pour de nombreuses raisons. D’une part, nous avons été affectés par son enfance et son adolescence car nous sommes exactement le public concerné alors les événements qu’elle retrace pourraient se réaliser dans notre propre vie. De ce point de vue-là, nous avons pris la pièce comme un ensemble de conseils à suivre pour trouver le bonheur. Ensuite, nous avons pris conscience et redécouvert la gravité et les conséquences du harcèlement scolaire car c’est un sujet actuel qui peut toucher n’importe qui. Le voir aborder de cette manière-là nous a permis de mieux comprendre ce que peuvent ressentir les enfants qui y sont confrontés. De plus, le climat d’insécurité dans sa famille nous a touchés et nous a ouvert les yeux sur la chance d’avoir des parents aimants et non violents. Enfin, nous avons éprouvé de la compassion vis à vis de cette jeune adolescente, seule et perdue face à ses problèmes. L’interprétation de Julie Duval nous a aussi touchés, surtout la manière dont elle mêle la danse à sa reconstruction dans la dernière scène.
Pour autant, cette pièce nous a prouvé qu’il faut croire en ses rêves et que rien n’est défini à l’avance. L’héroïne a vécu une enfance qui nous a paru insupportable pourtant elle a réussi à se reconstruire. C’est un très bel exemple et modèle pour notre vie future car désormais nous savons que nous pouvons choisir notre avenir au lieu de le subir.
Thisbé Morey, Camille Philippe, Hanaé Riehl, Stella Schneider, Beyza Ucgun et Yoann Wagner 2nde6